Shanghai: attaques de “mendiants”
Les “mendiants” à Shanghai ont été une de mes plus grosses sources de stress et de frustration… Les photos ci-dessus (qui ont toutes été trouvées sur Flickr en cherchant pour “beggars China“, sauf la dernière que j’ai trouvée sur le China Daily) vous montrent ce dont ils avaient le plus souvent l’air; il y avait aussi les “étudiants” et les “musiciens aveugles”. J’utilise les guillements parce qu’on a fini par comprendre que, le plus souvent, les mendiants de Shanghai font partie du crime organisé, alors que les vrais pauvres sont occupés à fouiller dans les poubelles pour survivre.
Bref, tout ça pour dire que j’ai été débinée (mais pas excessivement surprise) d’apprendre ce matin que certains de ces “quêteux” semblent maintenant attaquer les étrangers! J’ai lu la nouvelle sur Shanghaiist, et ils “linkent” à cette discussion très intéressante sur Shanghai Expat. Il est question de Tongren Lu, la rue de bars qui a essentiellement remplacé Maoming Lu. On n’est jamais sortis là, j’ai juste mangé un hamburger une fois au nouveau “Blue Frog”. Je n’aime pas cette rue, elle est effectivement très “seedy” (louche, sale, malsaine)… Mais elle est pourtant à deux minutes du Portman Center, où se trouve notamment le consulat canadien!
Sans faire une longue tirade sur les quêteux, je vais vous avouer que j’ai déjà pensé un peu comme “Pixelpunter“:
“We were speaking to a friend yesterday and he said that the exact same thing happened to him on that exact same street corner, only when the guy hit him on the head with the shoe he turned around and ‘belted the living crap out of him’ (as blackadder would put it) and the beggar backed down and fled. I think that may be my reaction as well, some days I swear I WISH someone would try and pull a stunt like that on me just so that I may get rid of some of this latent aggression built up by pollution, traffic, weather, cultural frustrations, etc. A nice uncomplicated black and white scenario. Chances are however that good sense would prevail and I’d make a run for it.”
C’est pas beau mais c’est vrai.
J’ai aussi appris, toujours sur Shanghai Expat, que les arnaques de salons de thé deviennent plus menaçantes:
“Seems to be lots of these things happening recently. A New Zealand guy was beaten up pretty badly by some tea shop scam artists on Nanjing Rd. a week or so ago too. He only had a couple of hundred RMB on him and refused to hand over his credit card, so they attacked him by smashing bottles over his head and stuff. Rather than press charges against the tea shop concerned the police wanted to ‘issue a warning’ and arrange compensation (RMB2000 or something). Hmm. . . I wonder if the police could be taking a cut from those tea shop scammers? Do ya think?”
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OK, je vais vous expliquer pourquoi je trouvais les mendiants stressants. Premièrement, il y avait l’injustice de se sentir visés en tant qu’étrangers. J’ai souvent observé que les mendiants laissaient généralement les Chinois tranquilles, mais harcelaient les étrangers. Et quand je dis harceler, je veux dire qu’ils ne te lâchent pas, ils courent après toi, s’agrippent à ton linge, envoient leurs “bébés” (empruntés pour faire la job) de trois ans s’agripper à tes pantalons, etc. Bien sûr, tu as beau leur dire “non”, leur parler en chinois, les envoyer ch… en chinois, ils rient et continuent de t’écoeurer. Ce qui m’écoeurait particulièrement, c’est qu’ils s’arrangeaient pour avoir l’air très sales, autant leur peau que leurs vêtements, et ça me dégoûtait qu’ils me taponnent partout. Bien sûr, en Chine, vous pouvez oublier la notion de “personal space”, notre bulle nord-américaine.
Bref, une des manifestations les plus laides de mon choc culturel en Chine a été de crier après ces faux mendiants, et même, à l’occasion, de lever la main sur eux. J’ai déjà envoyé valser une canne de cennes (je me suis sentie un peu mal, c’était un accident mais je me suis dit “bien fait pour lui, il avait juste à pas me la mettre dans la face!”), et j’ai levé la main pour me défendre de celles qui se posaient partout sur moi et mes affaires. Mes collègues et amis plus zen que moi se contentaient d’essayer de les ignorer. J’ai souvent dit à Dan, en sortant d’un bar ou d’un resto rempli d’expats et où les mendiants attendent les clients à la sortie, “tasse-les ou je fesse dedans”. Ils arrivaient en gang de 8 ou 10, entouraient la gang d’amis qui se disaient “be-bye” en attendant des taxis, et nous tournaient autour en insistant. Vers la fin, je n’avais même plus envie de sortir au resto le weekend, parce que je savais qu’on aurait à “dealer” avec les mendiants en sortant…
Juste à y penser, j’en ai encore le sang qui bout.
Avant que vous pensiez que je suis une bête dénuée de sentiments, je vais quand même préciser qu’à mon arrivée à Shanghai, comme tout étranger qui se respecte, j’ai été touchée, attristée, atterrée de voir ces gens à l’air si pauvre ou mal en point quêter. Moi aussi, j’ai vidé mes poches de change. Puis, avec mon début de compréhension de l’arnaque aux “grands coeurs”, j’ai arrêté et j’ai commencé à en parler aux autres expats qui débarquaient à Shanghai et se vidaient aussi les poches. J’ai d’ailleurs gardé un article où ces “quêteux”, dotés de cellulaires dernier cri et qui débarquent à la “job” en taxi, disent gagner très bien leur vie en quêtant. Beurk.
En tout cas, si vous voulez en savoir plus sur ces “mendiants”, je vous recommande d’abord deux articles: “Living Off Pity” explique que c’est du crime organisé, et l’autre parle d’un livre qui explique comment différencier les vrais mendiants des faux. Vous pouvez aussi trouver des photos crève-coeur (des vieillards, des enfants mutilés…) sur Flickr. Et voici deux liens en français sur les arnaques en Chine.
Et pour finir, une petite anecdote qui me fait encore rire: un de nos amis de la première heure à Shanghai, un charmant Américain plein de tatous et de piercings, disait aux quêteux: “Don’t touch me! DON’T TOUCH ME!!!” Et s’ils osaient le toucher, il se mettait à leur courir après en hurlant… Assez effrayant!



Whoa.
Et moi qui trouvait que Shanghai était une ville si peu menaçante. Je m’y suis senti à l’aise et tout à fait bienvenu, mais cette entrée vient de me bousculer quelque peu.
J’espère qu’il s’agit de cas isolés et non d’une tendance grandissante. Mais, à bien y penser, avec toutes les inégalités sociales présentes, ce n’était qu’une question de temps avant que de telles histoires fassent surface…