China

Un an / One Year

Samedi, ça faisait exactement un an qu’on était revenus à Montréal, Dan et moi. Is it a good thing or a bad thing? Je sais pas… Sûrement une bonne chose dans la mesure où ça nous a permis de reprendre contact avec la famille et les amis, qui nous avaient quand même manqué et qui, je pense, s’étaient aussi pas mal ennuyés de nous! 🙂

Avant que vous lisiez ce qui suit, je dois avouer que j’ai toujours tendance à idéaliser mes expériences passées. Je pense que c’est une tendance humaine normale, d’effacer les mauvais souvenirs pour surtout garder les côtés positifs. Et c’est exactement ce que je fais depuis un an: j’idéalise Shanghai. C’était pas parfait, c’est sûr, mais ça a eu un sacré impact sur ma vie! Et je pense qu’après un an à Montréal, de retour dans “ma culture”, je mesure mieux cet impact.

Donc. Qu’est-ce que j’apprécie, à Montréal, après 3 ans de vie en Chine? Premièrement, la qualité de l’air et le ciel bleu. Vous les prenez probablement pour acquis, mais moi, plus maintenant! Des fois, à Shanghai, quand j’ouvrais les fenêtres pour aérer, le matin, je me mettais à tousser et j’étais obligée de les refermer… C’est l’fun, l’air relativement pur de Montréal!

J’apprécie aussi énormément l’accès à des fruits, légumes, pains et fromages bio! J’ose pas trop imaginer ce qu’il y avait comme pesticides, en Chine… J’apprécie aussi beaucoup les restos non-fumeurs, les rues relativement propres, les gens relativement polis (mais je ne parle pas des conducteurs agressifs!), euh… le transport en commun… NOT!

Euh… Comme je disais plus haut, je suis très contente d’être revenue plus près de ma famille et de mes amis… Par contre, j’ai aussi laissé des amis et collègues, à Shanghai, et je m’ennuie d’eux (et d’elles), des fois… C’est comme s’ils appartenaient à une vie antérieure qui n’a rien à voir avec celle-ci. Personne ici (sauf Dan) ne les connaît, alors c’est un peu comme s’ils n’existaient pas vraiment, et même que mes trois années à Shanghai n’avaient été qu’un rêve… Sans témoins, la vie est-elle réelle?

La bouffe chinoise me manque aussi beaucoup, évidemment! Et aussi les fruits et légumes exotiques comme le 苦瓜 “kugua” (courge amère) et la canne à sucre fraîche…

Je m’ennuie aussi BEAUCOUP de notre “lifestyle” là-bas: on avait un pouvoir d’achat décuplé par rapport à nos salaires à cause du coût de la vie beaucoup plus bas qu’ici. Par exemple, à Shanghai, 15 minutes de taxi coûtent juste 2-3$, une “ride” de métro 30 à 60 cents, un bol de wontons 1$, une bière au dépanneur 50 cents (quoique les meilleures, sans formaldéhyde, sont plus chères)… Et il y a là-bas des choses qui sont tout simplement impossibles ici, comme le brunch (à volonté) dans les grands hôtels: pour 50$, on a passé des heures et des heures à manger du sushi, des fruits de mer, du Peking Duck, du foie gras frais poêlé, des chocolats maison, du tiramisu, le tout arrosé de champagne Veuve Cliquot et autres alcools… Et n’oublions pas notre chère Ayi Hu qui gardait notre dernier appart propre-propre-propre et qui, en plus, nous cuisinait de bons petits plats shanghaiens! Aaah…

Et faut quand même le dire, notre gang de chums là-bas était crissement cool! Faut être un peu malade pour aller s’expatrier à l’autre bout du monde… Et les partys et autres teppanya-karaokes en étaient la preuve! Quelle vie de party… Comme nous l’avait dit Jason, un ami hong-kongais, avant qu’on parte: In Asia, people work hard and party hard. Comme il avait raison! Ici, le travail est moins intense (fini, les 60-80 heures/semaine!) mais la vie sociale aussi… Sur ce point, Shanghai me manque… C’était exagéré, mais oh combien vivant!

Aussi, comme disait Mathieu, un ami qui a vécu à Hong Kong et anticipait son retour à Montréal, “I’m gonna miss being challenged by my food”. Ça, et beaucoup d’autres “challenges” (défis) quotidiens: essentiellement, le fait de vivre dans un pays qui n’était pas le mien mais que j’avais choisi pour une durée indéfinie. I felt more alive – même si c’était souvent difficile et que je m’énervais contre plein de choses… D’ailleurs, ces derniers jours, je relisais le blogue de Dan à Shanghai, “Alt-Shift“, et ça me faisait revivre plein de choses, comme la dernière fois qu’on est allés au resto nord-coréen.

Une petite réflexion en terminant: Flint appelle les “Gris” ceux et celles qui, souvent parce qu’ils ont vécu à l’étranger, n’ont plus trop d’attaches culturelles ou nationales ou nationalistes… Si on n’était pas gris avant, on l’est certainement maintenant! Et ça rejoint aussi ce que Bertrand nous avait dit, avant notre départ: les trois étapes du choc culturel sont 3 semaines, 3 mois, 3 ans; après trois ans, tu es un citoyen du monde.

Et si ça vous donne envie de partir, jetez un coup d’oeil à cette page que j’aime beaucoup: Pourquoi voyager?

Parce que je tiens à sortir de mes certitudes fournies par mes origines, ma nationalité, qui me mettent confortablement à l’abri de la réalité des autres.

D’autres citations du même genre ici et ici. Et ceci, sur le “choc du retour” qui m’inquiétait:

Enjoy it. Re-entry shock, while should be taken seriously, should also be enjoyed. The fact that you are experiencing it is indicative of the deepness of your exploration into your host culture. Accept re-entry as one more part of the journey.

Je vous laisse sur des images de notre dernier appart à Shanghai.

appart-fuxing-lu-front.jpg appart-fuxing-lu.jpg appart-fuxing-lu-salon.jpg

appart-fuxing-lu-vue-centre-ville.jpg Cat

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2 Comments


  1. Philo

    October 22, 2007 at 2:09 pm

    C’est bien que tu mentionnes que tu vois tout ça d’un oeil romantique avec le recul… Je me souviens que tu aies chiâlé contre la Chine pendant 6 mois avant qu’on revienne. 😀

    Sinon, je suis pas mal d’accord avec tes impressions. C’est étrange… Vu que ça s’est passé loin de nos proches ici, des fois j’ai l’impression que c’est un long rêve de 3 ans qu’on a fait ensemble, et qui ne s’est pas vraiment passé… Sauf qu’en même temps, ma relation avec Montréal, avant et après la Chine, est tellement changée que c’est indéniable que ça a eu un impact profond sur ma vision du monde…

    Ça me manque aussi, tout ça… 🙂

  2. Hélène

    October 22, 2007 at 2:20 pm

    Ouin! 😀 J’ai jamais dit que c’était facile, vivre en Chine… mais que c’était intéressant! C’est vrai qu’à la fin je trouvais ça très difficile, toutes les agressions sonores, olfactives et visuelles (et “bousculadiennes”!) à tout instant… C’est un peu bordélique, la vie à Shanghai: en comparaison, au retour, j’ai trouvé Montréal déserte et toute endormie!

    Oui, tu as raison, le changement est tout intérieur… et difficile à exprimer.

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