Parking
D’après mon expérience d’aujourd’hui, mon quartier est un gros parking avec quelques magasins épars çà et là.
Mon après-midi a bien commencé: j’ai décidé de sortir de chez nous pour rencontrer du monde, si je ne veux pas, dans trois mois, me ramasser déprimée parce que je n’ai pas d’amis. Je suis donc partie à pied explorer la bibliothèque publique d’Edmonton, qui a beaucoup de succursales, dont une à 10 minutes de chez nous.
Après m’être un peu perdue en essayant de sortir de mon complexe d’appartements (je connais seulement la sortie pour aller au centre commercial juste à côté…), j’ai traversé une autoroute qui ressemble à l’autoroute Décarie, mais avec plus de voies, et je suis arrivée à ladite bibliothèque, bien fréquentée, et pleine de jeunes sur les ordis et de petits enfants qui lisent tout seuls. Sympa. Je me suis promenée un peu puis j’ai demandé à une dame au comptoir si c’était possible d’avoir une carte, vu que je n’ai pas de preuve d’adresse. Tout gentiment, tout simplement, elle a écrit mon nom et mon adresse sur une enveloppe et m’a dit qu’elle me posterait le dépliant de la bibliothèque, et que ce serait ma preuve d’adresse. Wow! Quand je pense aux difficultés pour avoir une carte à Montréal dans ces conditions… Je pense que c’est simplement impossible. Bon, la dame a quand même vu mon passeport, mais j’ai été étonnée de la simplicité et de l’efficacité de sa réaction. Comme je m’excusais, en partant, de lui faire dépenser un timbre juste pour ça, elle a répliqué: “You’re worth much more than a stamp!”
De bonne humeur, mon ipod dans les oreilles, avec un mélange de chansons brésiliennes (Astrud Gilberto), du Cap-Vert (Cesaria Evora), de Moldavie (Cleopatra Stratan) et de Chine (Faye Wong, Tony Leung et Maggie Cheung), je me suis mise à explorer les quelques magasins autour de la bibliothèque. Bon, rien d’intéressant. Un peu plus loin, je vois l’enseigne d’un Rona et me dirige dans sa direction… en vain, parce que je suis en arrière du magasin et une route l’encercle, suivie d’une clôture. Je décide de faire le tour (dans la rue, parce qu’il n’y a pas de trottoir). Cinq minutes plus tard, je vois un Staples (Bureau en gros) et laisse tomber le Rona, dont l’entrée apparaît enfin au loin, avec un grand parking devant. Beurk.
Je sors du Staples avec mes achats et vois “Canadian Tire” écrit en gros, plus loin: c’est mieux que Rona, je vais pouvoir trouver tout ce qu’il me manque en un seul magasin! Je marche, je marche, entre les petits commerces, les restaurants et les voitures stationnées… Cinq minutes plus tard je vois avancer des wagons de train, dont certains sont marqués Canadian Tire… J’abandonne.
Ah, une enseigne de Zellers, juste là! OK, ça peut faire la job, let’s go! Cinq minutes plus tard (petit détail: je marche TOUJOURS dans des parkings enneigés!), j’arrive devant l’édifice marqué Zellers mais, comme pour le Rona, je suis en arrière… Pas grave, je vais faire le tour! Cinq minutes plus tard, j’ai fait le tour d’un immense édifice qui contient beaucoup plus que le Zellers annoncé! Je passe devant le magasin pour bébés et entre directement au “Everything for a Dollar Store”. Ensuite, équipée de menus objets nécessaires mais qui, ridiculement, se vendent plusieurs fois plus cher dans d’autres magasins, je finis par entrer au Zellers… Et en sortant, c’est l’heure d’aller souper, tellement j’ai passé de temps à marcher d’un magasin à l’autre!
Conclusion: ce quartier est vraiment, réellement, absolument, TOTALEMENT fait pour les gens qui se déplacent en voiture. Ils ont l’air parfaitement à l’aise et heureux. Pour les autres, eh bien il y a les trottoirs pas déneigés, ou alors déneigés partiellement, ce qui fait qu’on doit constamment traverser la rue pour aller sur le petit bout déneigé… Les autres “trottoirs” (parce que j’imagine qu’il en existe, sous la neige!) semblent avoir été déneigés au petit bonheur la chance, soit par les piétons eux-mêmes, ou parfois par une maman qui tirait son enfant sur un traîneau…
Edmonton est vraiment une ville très étendue. En termes de densité de population, c’est à peu près exactement le contraire de Shanghai. Donc on a les avantages et les inconvénients inverses: beaucoup moins de services à quelques minutes de chez soi, mais quand même une atmosphère plus relaxe… Le contraire des gens stressés de la grande ville.
Petite observation: tel que je l’ai appris à Montréal à mon retour de Shanghai, les consommateurs soucieux de l’environnement n’utilisent pas les sacs de plastiques des magasins, qui ne se biodégradent pas et font suffoquer les poissons… quelque chose comme ça. Bref, je traîne toujours mes sacs en tissu (Fruits du jour, Folies en vrac, Ubisoft et Shanghai American School). Mais apparemment cette habitude n’a pas encore débarqué à Edmonton: je perçois toujours des regards étonnés, et tantôt la gentille dame du Zellers (les gens semblent vraiment très “humains”, ici) s’est même inquiétée de savoir si tous mes achats allaient entrer dans mes sacs!
Une autre observation pas rapport: je vois beaucoup de travailleurs manuels, les vêtements vraiment tout sales. Ça me fait rire parce que je ne voyais vraiment pas ça sur le Plateau! Ça fait vraiment un peu “petite ville”, ici. C’est pas mal, finalement. J’imagine qu’avec la fonte des neiges et le réchauffement des températures, au printemps, je vais beaucoup plus apprécier la ville. Je sais qu’on est arrivés au pire temps de l’année. I Will Survive!


